Portail GERESO > Gestion des RH > Nos articles > Congés > Coup d'envoi des soldes de printemps !
Chaque année à pareille époque, dans les entreprises françaises, les conversations autour de la machine à café tournent autour du même sujet :
« Vas-tu parvenir à solder tous tes congés avant la fin du mois de mai ? » ;
« Et toi, quels ponts prends-tu ? » ;
« Sais-tu que le patron veut fermer la boîte en août ? »?
« Depuis douze ans que j'ai repris la société de mon père, j'ai toujours géré les congés par un simple accord verbal », témoigne ce patron d'une petite entreprise de mécanique qui emploie huit salariés.
Mais il suffit d'une défaillance pour que la bonne ambiance vole en éclats. « J'ai compris mon malheur le jour où deux de mes collaboratrices ont voulu partir au même moment l'été, se souvient ce jeune dirigeant d'une agence de communication. J?ai tranché en faveur de la personne qui avait déjà un enfant. L?autre a pourri la vie de sa collègue et m?en a voulu durablement. Cela s'est soldé par une démission et un congé maternité ! »
Quand les questions de congés se compliquent et deviennent une source de tension, l'employeur est littéralement écartelé entre les desiderata des salariés, les contraintes internes à l'entreprise, les tentations de passer outre les rigidités administratives et l'obligation de respecter les lois en vigueur. La voie est étroite. Voici quelques repères pour éviter la sortie de route.
Le calcul se fait sur la base du travail effectif dans l'entreprise entre le 1er juin de l'année précédente et le 31 mai de l'année en cours.
On appelle cela un acquis social. Toute personne salariée en France a droit aux congés payés, quels que soient sa nationalité, sa catégorie socioprofessionnelle, la nature de son contrat (contrat à durée déterminée, apprenti, etc.), sa qualification ou son horaire de travail. Seule condition : avoir à son actif au moins un mois de travail effectif dans la même entreprise au cours de la période de référence, du 1er juin de l'année précédente au 31 mai de l'année en cours (articles L. 223-1, L. 223-2, L. 122-3-3 du Code du travail). Tout salarié a donc droit au minimum à deux jours et demi ouvrables de congés payés par mois effectivement travaillé pendant cette année de référence, soit trente jours ouvrables (tous les jours de la semaine sauf le dimanche et les jours fériés chômés) pour douze mois de travail effectif, autrement dit cinq semaines de six jours ouvrables.
A noter que, dans certaines entreprises, les congés sont comptabilisés en jours ouvrés (effectivement travaillés), douze mois de travail effectif donnent alors droit à vingt-cinq jours de congés.
Mais tout cela constitue le minimum légal. Le nombre de jours de congés payés peut être supérieur, et l'est bien souvent, dès lors que cette majoration est prévue par une convention collective, un accord d'entreprise, une clause du contrat de travail, voire par une simple décision unilatérale de l'employeur.
L'art. L 222-1 du Code du travail liste onze jours fériés : 1er janvier, lundi de Pâques, 1er Mai, 8 Mai, jeudi de l'Ascension, lundi de Pentecôte, 14 Juillet, 15 août, Toussaint, 11 Novembre et Noël.
C?est le seul jour férié dont le Code du travail règle explicitement le cas. Si les nécessités de l'entreprise exigent la présence des salariés ce jour-là, leur rémunération doit être doublée. Pour tous les autres jours fériés, le repos n'est pas obligatoire, sauf pour les jeunes salariés et apprentis de moins de 18 ans. Pour combler ce vide, de nombreux usages ou conventions collectives prévoient que les jours fériés seront payés et chômés.
En l'absence de dispositions spécifiques d'un accord ou d'une convention collective, le salarié travaillant un jour férié ne bénéficie d'aucune majoration de salaire. Un système beaucoup plus simple que les règles draconiennes qui encadrent le travail du dimanche.
S?il s'agit d'un jour ouvrable (du lundi au samedi), cela prolonge d'une journée
les congés. En revanche, s'il s'agit d'un dimanche ou d'un jour qui n'est pas habituellement travaillé, cela n'a pas d'incidence sur les congés.
Un projet de loi institue une journée de solidarité devant assurer le financement des actions en faveur des personnes dépendantes. Elle serait fixée, à compter de 2005, au lundi de Pentecôte pour la fonction publique. Dans le privé, les accords de branche ou d'entreprises pourraient fixer un autre jour : jour férié précédemment chômé, journée acquise au titre de la RTT, etc.
La loi oblige l'entreprise à accorder quatre semaines de congé principal entre le 1er mai et le 31 octobre.
L?employeur est libre de placer quand il le veut dans l'année la
cinquième semaine de congés payés, mais il a une obligation pour les
quatre semaines du congé principal : les accorder entre le 1er mai et
le 31 octobre. En fonction de l'activité de l'entreprise, le dirigeant
peut très bien décider que les congés se prendront en juin ou en
septembre. Et s'il souhaite qu'une partie du congé principal soit prise
après le 31 octobre, il peut, à condition d'obtenir l'accord du
salarié, demander à celui-ci de fractionner son congé principal. Dans
ce cas, le salarié doit bénéficier d'au moins douze jours ouvrables
entre le 1er mai et le 31 octobre, le reste étant pris en dehors de
cette période.
En contrepartie de ce fractionnement, le salarié bénéficie d'un bonus
de congés. En effet, pour « récompenser » de tels efforts de
flexibilité, la loi accorde deux jours supplémentaires si le salarié
accepte de prendre au moins six jours ouvrables de congés en dehors de
la période 1er mai-31 octobre (un jour supplémentaire s'il prend entre
trois et cinq jours).
Bien entendu, la totalité des jours de congés peut être prise en dehors
de la période légale avec l'accord du salarié et/ou en application
d'une disposition conventionnelle, par exemple dans les secteurs
connaissant leur pic d'activité l'été. Toutefois, la convention
collective ne peut pas fixer de façon définitive une période de congés
excluant l'été, elle peut tout au plus prévoir des dérogations
ponctuelles.
Deux situations peuvent se présenter.
> Si le salarié tombe malade avant la date prévue de ses congés, il conserve le droit de prendre ses congés à la condition que l'arrêt de travail se termine avant la fin de la période légale de prise des congés. Si l'arrêt se prolonge au-delà, les jours de congés sont alors perdus.
> Si le salarié tombe malade pendant ses congés, pas question pour
lui de retarder d'autant son retour dans l'entreprise ou de demander à
reporter ses congés, sauf accord avec l'employeur.
Consolation :
la jurisprudence admet que le salarié cumule les indemnités de maladie
versées par la Sécurité sociale et l'indemnité de congés qui lui sera
versée par son employeur.
Dans les deux cas, des conventions ou accords collectifs peuvent autoriser le report des jours perdus pour maladie.
L'employeur a toute latitude pour l' autoriser à organiser ses vacances selon ses souhaits, mais il peut également décider de fermer l'entreprise.
L?employeur a toute liberté pour refuser d'accoler la cinquième semaine au congé principal de quatre semaines. Sa latitude est bel et bien totale concernant cette cinquième semaine. Il peut ainsi l'émietter en fonction de ses priorités (creux d'activité, ponts'). Ou même décider de fermer l'entreprise en utilisant la cinquième semaine, sans avoir à consulter les délégués du personnel ou recueillir l'accord des salariés.
Dans certains cas, toutefois, le chef d'entreprise peut très bien
autoriser un salarié à cumuler ses cinq semaines de congés payés, par
exemple lorsqu'il s'agit de travailleurs étrangers qui retournent dans
leur pays d'origine, ou de Français originaires des DOM-TOM. Enfin, les
salariés envisageant de prendre un congé pour création d'entreprise
peuvent reporter les jourscorrespondant à la cinquième semaine jusqu'à
leur départ en congé. Ils perôoivent à ce moment-là une indemnité
compensatrice.
L?employeur est censé porter à la connaissance du personnel les dates fixées pour la période de congés au moins deux mois avant l'ouverture de celle-ci, et informer chaque salarié, au moins un mois avant son départ, de ses dates de congés.
Décider les dates de départ en
congés payés est une prérogative de l'employeur. En conséquence, ce
dernier peut refuser à un salarié le départ en congés à une certaine
date. En revanche, il ne peut imposer des dates en dehors de la période
légale 1er mai-31 octobre. Tout au plus le dirigeant peut-il demander à
son collaborateur de fractionner ses congés pour en prendre une partie
en cours d'année. Même si employeurs et salariés essaient généralement
de gérer les congés de la façon la plus souple possible, un peu de
formalisme ne nuit pas, car cela limite les litiges.
En pratique, l'employeur demande généralement aux salariés de « poser » leurs dates après en avoir discuté entre eux et n'intervient qu'en cas de désaccord. Mais rappelons que l'employeur est censé porter à la connaissance du personnel les dates fixées pour la période de congés au moins deux mois avant l'ouverture de celle-ci, et informer chaque salarié, au moins un mois avant son départ, de ses dates de congés. Celles-ci peuvent toutefois être modifiées jusqu'à un mois avant l'échéance. Passé ce délai, tout changement devient impossible sauf circonstances exceptionnelles.
A noter que, si un employeur n'a pas établi d'ordre des départs en
congés et modifie la période de prise de congés dans l'entreprise moins
d'un mois avant son ouverture, le fait pour un salarié de partir aux
dates initialement définies et sans autorisation ne constitue pas une
faute. En témoigne cette jurisprudence du 12 février 1987 : une
salariée avait demandé à partir en congés tout le mois de mai. L?attitude de
l'employeur laissait penser que la demande était tacitement acceptée et l'employée avait pris ses dispositions. Sept jours avant la
date convenue pour son départ, son patron l'informe que ses congés sont
refusés. La Cour de cassation y a vu un abus de droit?
Dans ce cas, si besoin est d'un arbitrage, on prend en compte l'ancienneté et la situation familiale du salarié.
Si aucun arrangement ne peut être trouvé, c'est la loi qui s'applique.
Il n'existe qu'une seule obligation : les conjoints travaillant dans la
même entreprise ont droit à un congé simultané. En dehors de ce cas,
l'ordre des départs en congés est fixé par l'employeur, qui doit se
conformer, le cas échéant, à ce que stipule la convention collective,
aux usages ou à l'avis des délégués du personnel.
Sont pris en compte l'ancienneté, la situation familiale, notamment les congés possibles du conjoint.
Cela est possible à condition de consulter le comité d'entreprise et les délégués du personnel.
La fermeture de l'entreprise pendant les congés payés relève de la
responsabilité de l'employeur, qui peut décider que les congés seront
obligatoirement pris durant cette période de fermeture. Il doit alors
consulter le comité d'entreprise (s'il existe) et les délégués du
personnel. Si l'entreprise ferme pendant moins de 24 jours et que cela
entraîne un fractionnement du congé principal, il faut obtenir l'avis
conforme des délégués ou, à défaut, l'accord des salariés.
Le salarié doit se plier au calendrier et ne peut partir à une autre
date, sous peine de licenciement pour faute grave. Et quid des salariés
récemment embauchés et qui n'ont pas acquis suffisamment de droits pour
« couvrir » la période de fermeture ? Ils peuvent prétendre à
l'allocation de chômage partiel-congés payés, qui doit faire l'objet
d'une demande préalable de l'employeur auprès de la direction
départementale du travail et de l'emploi (DDTE).
Pour éviter les conflits, il s'agit de faire la part des choses entre nécessité de service et convenances personnelles.
S?il existe un compte épargne-temps (article L. 227-1 du Code du
travail) dans l'entreprise, pas de problème : dans la limite de dix
jours par an, les congés peuvent être reportés. Sinon, en l'absence
d'un accord collectif prévoyant le report des congés non pris, ils sont
perdus ! Pour ne pas perdre son reliquat, le salarié doit pouvoir
démontrer qu'il a été mis dans l'impossibilité de partir du fait de son
employeur. Donc, pas question pour celui qui n'a pas soldé ses jours de
mettre son patron au pied du mur en exigeant un report des jours
restants. Toutefois, gare aux conflits ! Le ton monte vite quand il
s'agit de faire la part des choses entre nécessité de service et
convenances personnelles. Le retour au calme passe le plus souvent par
un arrangement à l'amiable, mais attention aussi, pour l'employeur, à
ne pas accorder trop facilement des reports, car l'accumulation de
congés non pris peut vite devenir insoluble.
Au final, pour éviter que la planification des congés ne tourne au psychodrame, il faut s'astreindre à un minimum de procédures écrites dans la fixation du calendrier et ne pas prendre trop de libertés avec les textes légaux ou conventionnels. Car, le jour où les chamailleries arrivent, il est trop tard.
Ce calcul peut se faire de deux façons : selon la règle du maintien du salaire ou bien selon celle dite « du dixième »
L?indemnité DE congés payés, qui permet de rémunérer le salarié durant ses congés, se calcule selon deux méthodes. On retient, au final, le calcul le plus favorable au salarié.
> Règle du maintien du salaire: l'employeur verse au salarié durant ses congés un salaire identique à celui qu'il aurait perôu s'il avait travaillé durant cette période. Cette règle est en général plus avantageuse lorsque le salarié est récemment passé du temps partiel au temps plein ou a récemment obtenu une augmentation.
> Règle dite « du dixième »: l'employeur verse, pour les trente jours de congés annuels, une
indemnité égale à un dixième de la totalité des sommes brutes perôues
par le salarié durant la période de référence (1er juin-31 mai). Cette
indemnité doit tenir compte de tous les éléments de rémunération :
salaire brut, commissions, pourboires, avantages en nature, primes
(ancienneté, rendement, travail de nuit?), majorations de salaire
(heures supplémentaires, 1er mai, jours fériés'), indemnités pour
congés de maternité, accident du travail ou maladie professionnelle, ou
salaires versés lors d'absences assimilées à du travail effectif
(formation, congés pour événements familiaux).
Sont exclus : les remboursements de frais, primes exceptionnelles collectives, les primes annuelles (13e mois, prime de vacances'), indemnités journalières de maladie, et indemnités de chômage partiel ou de licenciement. Si les salariés disposent de plus de cinq semaines de congés payés, leur indemnité sera proportionnée.
Ce qui est autorié par la loi, et ce qui ne l'est pas
AUTORISÉ
INTERDIT
Source : lentreprise.com. Dossier réalisé par Daniel Rovira avec Philippe Flamand
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