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Laurent GIRETTE est consultant en protection sociale, spécialiste de la prévoyance complémentaire. Au cours de cet entretien, il nous expose les bénéfices pour l'entreprise d'une optimisation de son contrat de prévoyance.
Réduction des dépenses, rôle des courtiers, des partenaires sociaux, déroulement concret d'une mission... Dans cet article, il décrypte pour nous tous les enjeux d'une renégociation d'un contrat de prévoyance, et nous fait partager son expérience de consultant "terrain".
Laurent GIRETTE :
"À vrai dire, le thème de la prévoyance collective ne possède pas d'enjeu stratégique, directement lié à l'activité de l'entreprise. Les contrats de prévoyance collective font généralement partie de ces dossiers que l'on traite ponctuellement
dans l'entreprise, puis que l'on oublie un certain nombre d'années. Il
n'est pas rare de voir des contrats vieux de plus de 10 ans !"
Laurent GIRETTE :
"En réalité les conséquences financières ne sont pas si négligeables qu'il y paraît au premier abord. Il y a toujours des optimisations possibles dans un contrat, surtout si celui-ci date de quelques années. Le marché à évolué, et puis il faut s'appuyer sur le compte de résultat lié au contrat qui peut donner des pistes. En fait c'est là et par l'analyse du réalisé que l'on peut trouver des pistes d'optimisation."
Laurent GIRETTE :
"Bien sûr, "optimisation" peut rimer avec "économies". Mais avant, ce sont des pistes de choix relatives au niveau de prestations.
Prenons l'exemple des lunettes : une très bonne couverture, onéreuse,
permet de choisir des montures de grandes marques en augmentant le
montant de la prise en charge par la mutuelle. Mais est-ce cela qui est
réellement prioritaire, et si oui, jusqu'à quel coût ?
Au moment où l'on pose la question du financement de complémentaires de retraite, n'y a-t-il pas intérêt à mieux gérer la protection sociale de l'entreprise pour l'amener à optimiser les financements ?"
Laurent GIRETTE : "Oui, et plus qu'on ne le pense. Il y a des cas où la dérive des cotisations conduit à dépasser les montants légaux et oblige à une réintégration fiscale. Les limites du nouveau cadre social et fiscal sont encore mal appréciées."
Laurent GIRETTE :
"La position du courtier est particulière. Il est mandaté par le client mais il est rémunéré au pourcentage. Il est donc plus intéressé à la dépense qu'à l'optimisation !. De fait, il risque de ne pas inciter le client à lire le bilan et à se poser les bonnes questions. De fait, c'est plutÃ't le consultant qui peut réellement assister l'entreprise. Il a une compétence technique et n'est pas directement intéressé au contrat."
Laurent GIRETTE :
" En effet c'est souvent le cas. En optimisant le contrat du client,
par une réduction des coûts, le consultant porte atteinte aux intérêts
du courtier. D'autant que le consultant à la compétence technique pour
le faire. Les échanges peuvent être tendus. En fait, c'est souvent
lorsque la lettre stipulant l'arrêt du mandat est envoyée que les
courtiers se mobilisent. Ils sont alors en situation de reconquête de leur client, et ceci sous environnement protégé par le consultant."
Laurent GIRETTE :
"Une telle mission se déroule en 3 temps. Dans une première phase, on réalise un diagnostic du contrat et des éléments du réalisé. On répond alors aux questions suivantes : "Où se situe l'entreprise dans son contrat de prévoyance collective ?", "Comment les choses ont-elles évolué dans le temps ?".
On évalue ensuite les pistes d'optimisation. Dans la plupart des cas, on repart du contrat en cours, en cherchant simplement à l'optimiser. Dans certain cas cependant, il faut repartir à zéro et faire tout une démarche de recherche et sélection. Le troisième point concerne l'assistance à négociation. L'expertise du consultant permet d'aboutir à un nouveau contrat, plus solide et optimisé.
Laurent GIRETTE :
"On peut facilement espérer 10 à 20% d'économies.
Dans la plupart des cas, ce montant permet, la première année, de
financer la mission de conseil qui a été menée. À partir de la 2ème
année, les économies réalisées constituent un bénéfice net !"
Laurent GIRETTE :
"Dans tous les cas, il est préférable de les faire intervenir le plus tÃ't possible.
Pour les partenaires sociaux, une démarche d'optimisation va toujours
être considérée comme suspecte, au moins dans un premier temps. Elle
est imaginée comme devant être une source d'économies pour l'entreprise, et supposée générer une baisse de la protection des salariés. Intégrer les partenaires sociaux en amont permet de les impliquer dans le projet,
et donc de les responsabiliser dans la démarche. Ils seront eux-mêmes
redevables d'explications aux salariés. Ils peuvent trouver en la
personne du consultant un apport technique solide."
Laurent GIRETTE :
" Le consultant est avant tout un expert. Il doit reconnu pour cela. Ceci dit, le consultant est mandaté par la
Direction, il peut donc également être suspecté de connivence.
Cependant, il n'a pas d'antériorité dans l'entreprise et dispose d'une compétence dans le sujet qui lui permet de dialoguer. De plus, c'est bien de sa capacité à échanger et à expliquer que va naitre la dynamique sur le sujet."
Laurent GIRETTE :
" Qu'à partir de quelques années, il y a toujours une
utilité à analyser son contrat de prévoyance collective, car dans la
plupart des cas, il est possible d'optimiser ses dépenses tout en
maintenant un niveau de protection élevé, adapté à la situation des
salariés."