> Paroles d'experts > Ressources Humaines
3 questions à … Corinne
Souissi, Consultante en RH et en ingénierie de la formation pour
GERESO.« Pour les entreprises, la charge pèse plus lourd ! »
Corinne
SOUISSI : Côté
salariés, il s'agit de sécuriser les trajectoires professionnelles
et favoriser les mobilités. Qu'est-ce
qui a été mis en place et qui va dans ce sens ? Citons
en premier lieu le bilan d'étape professionnel, qui est obligatoire
quel que soit le nombre de salariés dans l'entreprise.
Ensuite,
l'entretien de seconde partie de carrière qui institue
l'organisation d'un entretien dans l'année qui suit les quarante
cinq ans du salarié.
Et pour finir, le Passeport formation devient
le passeport d'orientation de formation dans le cadre de la
sécurisation des parcours. C'est un outil qui pourra servir au
salarié pour élaborer son projet professionnel ou de formation,
déclencher un projet de VAE ou mieux gérer sa mobilité interne et
même ses entretiens professionnels.
Par ailleurs, l'accès à la VAE est facilité. En effet, jusque là c'était le parcours du combattant ! Avec la réforme on met l'accent sur la qualité. La démarche est articulée au niveau des délais qu'il faut améliorer, et des jurys qui doivent davantage se professionnaliser. La VAE fera donc l'objet d'une négociation au niveau des branches professionnelles.
Oui
on peut dire cela. La réforme simplifie les process avec notamment
un plan de formation « allégé ». En effet, les trois
catégories du plan ont disparu et ce n'est pas un mal puisqu'il
était parfois difficile pour les entreprises de répartir les
actions. Désormais, celles-ci sont regroupées en deux régimes :
celui des actions d'adaptation au poste de travail et à
l'évolution de l'emploi qui se déroulent obligatoirement sur le
temps de travail, et celui des actions de développement des
compétences qui peuvent se tenir hors temps de travail.
On améliore, par ailleurs, la qualité de la formation, notamment via les prestataires qui doivent dorénavant délivrer au stagiaire à l'issue de la formation, une attestation mentionnant les objectifs, la nature et la durée de l'action ainsi que les résultats de l'évaluation des acquis de la formation.
La
réforme met en sus l'accent sur la sécurisation des parcours avec
un salarié acteur de sa propre carrière à tous les stades de sa
vie professionnelle.
Le DIF devient portable, c'est à dire qu'en cas de départ de l'entreprise, le salarié conserve son droit au DIF :
durant son
indemnisation au titre de l'assurance chômage, en premier lieu,
c'est l'OPCA de l'ancien employeur qui paie. D'autre part, durant
deux ans chez leur nouvel employeur et dans le nouveau système,
c'est l'OPCA du nouvel employeur qui paie.
Autre dispositif qui
change : les salariés bénéficient désormais d'un CIF réalisable
hors de leur temps de travail dès lors qu'ils justifient d'un an
d'ancienneté dans l'entreprise. Ainsi ils n'ont plus besoin de
demander l'accord de leur employeur. L'OPCA peut prendre en charge
tout ou partie des frais engagés avec une durée de formation d'au
moins 120 heures.
Côté employeur, par contre, la charge pèse plus lourd ! En effet, celui-ci devra se former aux entretiens professionnels : que ce soit le Bilan d'étape professionnel ou l'Entretien de seconde partie de carrière. D'autre part, il devra supporter un coût supplémentaire avec la portabilité du DIF.
Pour finir, un prélèvement de 13% sur l'obligation légale sera désormais opéré. Ce pour financer le fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels (FPSPP). L'intérêt de ce fond ? Former les publics les plus fragilisés en poste et les demandeurs d'emploi.
Retrouvez notre formation sur ce thème :