Paroles d'expert Les leviers d'une reprise réussie
3 questions à … Etienne Leroy, consultant en management de projet et leadership, nous éclaire sur les leviers d'une sortie de crise réussie.
GERESO : Budget serrés, effectifs restreints et projets en stand-by en 2009... Un léger rebond de l'activité semble se confirmer, sur quels leviers les entreprises doivent-elles jouer pour rester dans la course ?
Etienne LEROY : Pour repréciser les choses, une crise marque toujours une rupture dans le contexte. Je pense qu'on ne peut faire face à ces ruptures qu'en favorisant l'innovation. Nous sommes dans un monde toujours plus instable du point de vue du marché, du contexte… Il faut donc répondre à l'instabilité en favorisant l'innovation.
Cela suppose d'être en situation d'intervenir sur plusieurs niveaux : organisationnel, culturel et individuel.
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Pour le premier niveau, il s'agit d'accepter l'idée qu'une entreprise est optimisée pour un environnement donné. Quand l'environnement change, il faut prendre garde au fait que ce qui était un avantage concurrentiel peut devenir un frein à l'innovation. Ce qui était pertinent à un moment donné peut ne plus l'être à un autre.
Ici, ce qui est en jeu c'est la capacité à remettre en cause une certaine rationalité gestionnaire qui peut conduire à favoriser l'innovation incrémentale aux dépens d'une innovation radicale. Or, qui dit crise, dit justement nécessité de se positionner en innovateur, au sens fort du terme.
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Concernant le domaine culturel, il convient de valoriser la prise de risque et la remise en cause de tout conformisme intellectuel, pensée de groupe ou stéréotypes. Soulignons que c'est un travail de long terme.
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Enfin côté salariés, les entreprises doivent favoriser le sens de la coopération. L'innovation n'est jamais le fruit d'une seule intelligence mais, au contraire, celui de l'intelligence collective. Il faut essayer de sortir de la logique de l'objectif individuel et privilégier la notion d'objectifs d'équipe.
Un contexte difficile n'a-t-il pas tendance, au contraire, à renforcer les individualismes en entreprise ?
Dans un environnement en crise, en effet, les gens sont tendus et attendent de voir. Et effectivement, le contexte favorise les stratégies individuelles. Le travail du manager est alors de faire en sorte d'articuler au mieux les trois sphères : culture / organisation / individu.
Des pistes pour relancer les dynamiques d'équipe ?
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Il faut s'assurer d'un réel alignement entre les objectifs stratégiques d'une part, le contenu du portefeuille de projet d'autre part et enfin, leur déclinaison opérationnelle. Il appartient au manager de faire comprendre le positionnement de chacun par rapport aux objectifs des projets. Et de faire passer le sens, l'opportunité et la cohérence de ces projets par rapport aux objectifs stratégiques de l'entreprise.
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Il convient également de respecter les stades de maturité d'une équipe. Celle-ci ne peut être performante d'emblée. Une équipe, c'est bien un groupe de personnes qui travaillent ensemble pour atteindre un objectif commun… Des gens en situation de co-responsabilité, venus de services différents, vont devoir apprendre à travailler en collaboration. Or la coopération ne va jamais de soi ! C'est toujours important de le rappeler.
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Pour finir, une autre piste est de développer les mécanismes de reconnaissance individuels et collectifs. Un exemple ? Mettre en place des actions qui permettent de faire comprendre que l'on est un bon équipier ! Il est fondamental, en effet, de savoir que le travail de l'un doit favoriser le travail de l'autre.
Pour aller plus loin : Consultez notre offre conseil sur le même thème.

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