{"id":46535,"date":"2026-04-14T09:36:58","date_gmt":"2026-04-14T07:36:58","guid":{"rendered":"https:\/\/www.gereso.com\/actualites\/?p=46535"},"modified":"2026-04-14T09:47:48","modified_gmt":"2026-04-14T07:47:48","slug":"humour-au-travail","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.gereso.com\/actualites\/2026\/04\/14\/humour-au-travail\/","title":{"rendered":"Humour au travail\u00a0: o\u00f9 s\u2019arr\u00eate la blague\u00a0? O\u00f9 commence la faute\u00a0?"},"content":{"rendered":"\n<h2 style=\"color:#D10016\"><strong>Peut-on vraiment rire de tout au bureau ? Les limites pos\u00e9es par la Cour de cassation<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Peut-on rire de tout au bureau&nbsp;? Non, r\u00e9pond la cour de cassation&nbsp;: le licenciement du salari\u00e9, qui a tenu des propos \u00e0 connotation sexuelle, sexiste, raciste ou homophobe, est justifi\u00e9 compte tenu de l\u2019obligation de s\u00e9curit\u00e9 qui lui incombe, sans que le salari\u00e9 ne puisse justifier les propos tenus par de l\u2019humour.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est en effet le principe qu\u2019a rappel\u00e9 la cour de cassation dans un arr\u00eat 5 novembre 2025. En l\u2019esp\u00e8ce, elle devait se pencher sur le licenciement du directeur commercial d\u2019une entreprise qui avait l\u2019habitude d\u2019adresser \u00e0 ses collaborateurs, par mail ou SMS, des contenus douteux, tels que des blagues vulgaires sur la taille des seins des collaboratrices qui annon\u00e7aient leur grossesse, des messages sugg\u00e9rant qu&rsquo;une autre se prostituait, des images pornographiques \u00e0 un tout jeune stagiaire nouvellement arriv\u00e9 dans l\u2019entreprise, la tenue de propos racistes \u00e0 des prestataires d\u2019origine malgaches,\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Les rappels \u00e0 l\u2019ordre de l\u2019employeur n\u2019ayant pas \u00e9t\u00e9 suivis d\u2019effet, ce dernier a fini par le licencier pour faute grave. Contestant son licenciement, le salari\u00e9 soutenait que les propos litigieux avaient \u00e9t\u00e9 tenus sur le ton de l\u2019humour. Cet argument ne convainc pas la cour de cassation&nbsp;: selon les hauts magistrats, qui approuvent en ce sens les juges du fond qui se sont pench\u00e9s en premier sur le litige, le licenciement du salari\u00e9 pour faute grave justifi\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h2 style=\"color:#D10016\"><strong>Propos d\u00e9plac\u00e9s&nbsp;: une jurisprudence constante qui sanctionne, m\u00eame sous couvert d&rsquo;humour<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>La solution est classique\u00a0: les propos insultants, tenus sur le lieu de travail, m\u00eame sous un angle humoristique, justifient g\u00e9n\u00e9ralement le licenciement de leur auteur<\/p>\n\n\n\n<p>Les dispositions l\u00e9gales ne pr\u00e9cisent aucunement les sanctions encourues par un salari\u00e9 au regard de propos qu\u2019il a pu tenir sur le lieu de travail&nbsp;: tout juste <a href=\"https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/codes\/article_lc\/LEGIARTI000035653316\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">l&rsquo;article L. 2281-1 du code du travail<\/a> pr\u00e9voit-il que \u00ab\u00a0les&nbsp;<em>salari\u00e9s<\/em>&nbsp;b\u00e9n\u00e9ficient d&rsquo;un&nbsp;<em>droit<\/em>&nbsp;\u00e0 l&rsquo;<em>expression<\/em>&nbsp;directe et collective sur le contenu, les conditions d\u2019exercice et l\u2019organisation de leur travail&nbsp;\u00bb. C\u2019est donc la cour de cassation qui fixe les limites admissibles en la mati\u00e8re, et, \u00e0 cet \u00e9gard, la solution d\u00e9gag\u00e9e par la cour de cassation dans l\u2019arr\u00eat du 5 novembre 2025 n\u2019est pas nouvelle&nbsp;: elle juge g\u00e9n\u00e9ralement que les propos racistes, homophobes,\u2026, sont fautifs et justifient le licenciement du salari\u00e9 qui les a tenus&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>les propos humiliants et r\u00e9p\u00e9t\u00e9s \u00e0 connotation raciste tenus par un salari\u00e9, exer\u00e7ant des fonctions d&rsquo;encadrement, \u00e0 l&rsquo;encontre d\u2019un autre salari\u00e9 sont constitutifs d&rsquo;une faute grave. Ils ne peuvent en effet \u00eatre excus\u00e9s par le fait que l\u2019auteur des propos, reconnu pour ses qualit\u00e9s humaines, n&rsquo;avait fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucune remarque de nature disciplinaire et professionnelles durant ses vingt et une ann\u00e9es de service (<em><a href=\"https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/juri\/id\/JURITEXT000037819550\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Cass. soc., 5 d\u00e9c. 2018, n\u00b0 17-14.594<\/a>) <\/em>;&nbsp;<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>de m\u00eame, commet une faute grave le salari\u00e9, responsable d&rsquo;atelier, qui tenait envers les membres du personnel plac\u00e9s sous son autorit\u00e9, des propos racistes, agressifs et m\u00e9prisants, donnait des ordres sans consid\u00e9ration des capacit\u00e9s physiques de certains salari\u00e9s ou pour les humilier et refusait de mettre \u00e0 leur disposition, principalement lorsqu&rsquo;ils \u00e9taient d&rsquo;origine \u00e9trang\u00e8re, des v\u00eatements de protection (<em><a href=\"https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/juri\/id\/JURITEXT000007472628\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Cass. soc., 6 avr. 2004, n\u00b002-41.166<\/a>)<\/em>.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<h2 style=\"color:#D10016\"><strong>L&rsquo;humour comme ligne de d\u00e9fense : un argument syst\u00e9matiquement \u00e9cart\u00e9<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Pour excuser ou, tout au moins, minimiser la tenue de tels propos, leur auteur les justifie souvent par de l\u2019humour. Mais, l\u00e0 encore, cet argument est g\u00e9n\u00e9ralement rejet\u00e9 par les magistrats&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>d\u00e8s lors que le salari\u00e9 a tenu \u00e0 l&rsquo;encontre d&rsquo;une coll\u00e8gue de travail des propos d\u00e9gradants \u00e0 caract\u00e8re sexuel, m\u00eame sur le ton de la plaisanterie, son licenciement est justifi\u00e9, peu important qu\u2019il comptait pr\u00e8s de sept ans d&rsquo;anciennet\u00e9 sans aucun ant\u00e9c\u00e9dent disciplinaire (<em><a href=\"https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/juri\/id\/JURITEXT000041975802\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Cass. soc., 27 mai 2020, n\u00b018-21.877<\/a>) <\/em>; <strong>&nbsp;<\/strong><\/li>\n\n\n\n<li>a \u00e9t\u00e9 jug\u00e9 justifi\u00e9 le licenciement du c\u00e9l\u00e8bre animateur Tex, qui, lors d\u2019une \u00e9mission de t\u00e9l\u00e9vision \u00e0 une heure de grande \u00e9coute, avait fait une \u00ab&nbsp;blague&nbsp;\u00bb sexiste dans laquelle il relativisait les violences faites aux femmes&nbsp;: selon la cour de cassation, la rupture du contrat de travail poursuivait le but l\u00e9gitime de lutte contre les discriminations et les violences domestiques et celui de la protection de la r\u00e9putation de l&#8217;employeur, compte tenu de l&rsquo;impact potentiel des propos sur les int\u00e9r\u00eats commerciaux de ce dernier (<em><a href=\"https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/juri\/id\/JURITEXT000045652924?isSuggest=true\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Cass. soc., 20 avr. 2022, n\u00b0&nbsp;20-10.852<\/a>)<\/em>.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Les enseignements \u00e0 tirer sont simples&nbsp;: si de nombreuses \u00e9tudes scientifiques ont d\u00e9montr\u00e9 les bienfaits du rire sur la sant\u00e9, et si le management par l\u2019humour am\u00e9liore la communication en cr\u00e9ant un climat de confiance bas\u00e9 sur le rapprochement humain, il existe malgr\u00e9 tout des limites \u00e0 ne pas franchir. C\u2019est ce que rappelle \u00e0 intervalles r\u00e9guliers la cour de cassation et, derni\u00e8rement, dans l\u2019arr\u00eat du 5 novembre 2025&nbsp;: <strong>les blagues discriminatoires, qu\u2019elles soient bas\u00e9es sur le genre, la nationalit\u00e9, la croyance, ou l\u2019aspect physique, n\u2019ont pas leur place sur le lieu de travail<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<h2 style=\"color:#D10016\"><strong>Une \u00e9volution notable&nbsp;: l&rsquo;obligation de s\u00e9curit\u00e9 d\u00e9sormais aussi \u00e0 la charge du salari\u00e9<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>De mani\u00e8re plus novatrice, la cour de cassation justifie le licenciement par l\u2019obligation de s\u00e9curit\u00e9 qui p\u00e8se sur le salari\u00e9 et le risque d\u2019atteinte \u00e0 la sant\u00e9 psychique des autres salari\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans son arr\u00eat du 5 novembre 2025, la cour de cassation se r\u00e9f\u00e8re en effet, pour approuver les juges du fond qui ont jug\u00e9 le licenciement du salari\u00e9 justifi\u00e9 par une faute grave, \u00e0 l\u2019obligation de s\u00e9curit\u00e9 qui p\u00e8se sur le salari\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 cet \u00e9gard, il convient de rappeler que, si l\u2019employeur est assujetti \u00e0 une obligation de s\u00e9curit\u00e9 vis-\u00e0-vis de ses salari\u00e9s en mati\u00e8re de pr\u00e9vention des risques professionnels de toute nature auxquels ils peuvent \u00eatre expos\u00e9s (accident du travail, sant\u00e9 mentale,\u2026), ces derniers sont eux aussi assujettis \u00e0 une obligation de s\u00e9curit\u00e9 pour eux-m\u00eames et leurs coll\u00e8gues. <a href=\"https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/codes\/article_lc\/LEGIARTI000006903153\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">L\u2019article L. 4122-1 du Code du travail <\/a>dispose en effet qu\u2019\u00ab\u00a0il incombe \u00e0 chaque travailleur de prendre soin, en fonction de sa formation et selon ses possibilit\u00e9s, de sa s\u00e9curit\u00e9 et de sa sant\u00e9 ainsi que de celles des autres personnes concern\u00e9es du fait de ses actes ou de ses omissions au travail\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais l\u2019obligation de s\u00e9curit\u00e9 qui p\u00e8se sur le salari\u00e9 trouve g\u00e9n\u00e9ralement application vis-\u00e0-vis de salari\u00e9s qui ne respectent pas les consignes de s\u00e9curit\u00e9 en vigueur dans l\u2019entreprise, destin\u00e9es \u00e0 pr\u00e9venir la survenance d\u2019accidents du travail&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Le refus du salari\u00e9 de porter les \u00e9quipements de s\u00e9curit\u00e9 justifie son licenciement disciplinaire (<em><a href=\"https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/juri\/id\/JURITEXT000024593317\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Cass. soc., 21 sept. 2011, n\u00b010-19.260<\/a>)<\/em>, surtout si le salari\u00e9 est investi de fonction d&rsquo;encadrement (<em><a href=\"https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/juri\/id\/JURITEXT000027600639\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Cass. soc., 19 juin 2013, n\u00b012-14.246<\/a>) <\/em>;<\/li>\n\n\n\n<li>est justifi\u00e9 le licenciement du salari\u00e9 qui a manqu\u00e9 \u00e0 son obligation de ne pas mettre en danger d&rsquo;autres membres du personnel, d\u00e8s lors qu\u2019il a introduit son chien, sur le lieu de travail et \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de son v\u00e9hicule automobile, puis l\u2019a laiss\u00e9 s&rsquo;\u00e9chapper, l&rsquo;animal ayant alors mordu une salari\u00e9e qui sortait de l&rsquo;entreprise (<em><a href=\"https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/juri\/id\/JURITEXT000024648657\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Cass. soc., 4 oct. 2011, n\u00b010-18.862<\/a>)<\/em>.&nbsp;<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<h2 style=\"color:#D10016\"><strong>Sant\u00e9 mentale au travail : vers une responsabilisation collective face aux risques psychosociaux<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>En revanche, \u00e0 notre connaissance, c\u2019est la premi\u00e8re fois que l\u2019obligation de s\u00e9curit\u00e9 du salari\u00e9 justifie son licenciement en raison des risques que son comportement fait peser sur la sant\u00e9 mentale de ses coll\u00e8gues.<\/p>\n\n\n\n<p>En effet, jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, si la cour de cassation juge justifi\u00e9 le comportement abusif d\u2019un salari\u00e9, de type harcelant, discriminatoire,\u2026, elle le fonde sur&nbsp; l\u2019obligation de s\u00e9curit\u00e9 de l\u2019employeur, qui lui impose de prendre les mesures n\u00e9cessaires, y compris disciplinaires, pour pr\u00e9server la sant\u00e9 mentale des salari\u00e9s. \u00c0 titre d\u2019illustration, il a \u00e9t\u00e9 r\u00e9cemment jug\u00e9 que, dans le cadre de son obligation de s\u00e9curit\u00e9, l&#8217;employeur peut licencier un salari\u00e9 ayant tenu envers deux de ses coll\u00e8gues, de mani\u00e8re r\u00e9p\u00e9t\u00e9e, des propos \u00e0 connotation sexuelle, insultants et d\u00e9gradants, quelle qu&rsquo;ait pu \u00eatre son attitude ant\u00e9rieure (<em><a href=\"https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/juri\/id\/JURITEXT000049733690\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Cass. soc., 12 juin 2024, n\u00b0 23-14.292<\/a>)<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<article class=\"obj_encart-formation\">\n<div class=\"ctn_encart\">\n<h3>Votre formation sur ce th\u00e8me<\/h3>\n<h2>&nbsp;L&rsquo;ESSENTIEL DU DROIT DU TRAVAIL&nbsp;<\/h2>\n<h4>3 jours &#8211; En pr\u00e9sentiel ou \u00e0 distance<\/h4>\n<ul>\n<li><strong>Adopter le raisonnement juridique<\/strong> pour se rep\u00e9rer en droit du travail.<\/li>\n<li><strong>Rechercher une information juridique<\/strong> et l&rsquo;utiliser (code du travail, accords collectifs, d\u00e9cision de justice\u2026).<\/li>\n<li><strong>Appliquer les r\u00e8gles essentielles<\/strong> li\u00e9es au contrat de travail.<\/li>\n<li><strong>R\u00e9f\u00e9rencer les situations \u00e0 risques<\/strong> pour pr\u00e9venir les contentieux.<\/li>\n\n\n<\/ul>\n<div class=\"ctn_btn\">\n<a class=\"obj_btn\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.gereso.com\/INIW\" rel=\"noopener\"><span>En savoir plus<\/span><\/a>\n<a class=\"obj_btn\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.gereso.com\/client\/programme-pdf\/INIW.pdf\" rel=\"noopener\"><span>T\u00e9l\u00e9charger le programme PDF<\/span><\/a>\n<\/div>\n<\/article>\n\n\n\n<p>Or, dans l\u2019arr\u00eat du 5 novembre 2025, la cour de cassation se r\u00e9f\u00e8re directement \u00e0 l\u2019obligation de s\u00e9curit\u00e9 du salari\u00e9 pour justifier son licenciement, et non sur celle de l\u2019employeur, et au risque d\u2019atteinte \u00e0 la sant\u00e9 psychique des autres salari\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur le fond, cette r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019obligation de s\u00e9curit\u00e9 du salari\u00e9, en lieu et place de celle de l\u2019employeur, aboutit au m\u00eame r\u00e9sultat&nbsp;: le comportement du salari\u00e9 qui tient des propos sexistes, racistes, homophobes,\u2026, justifie son licenciement pour faute grave. Mais, selon nous, c\u2019est une fa\u00e7on d\u2019affirmer que cette obligation de s\u00e9curit\u00e9 du salari\u00e9 ne se limite pas \u00e0 l\u2019obligation de porter les \u00e9quipements de s\u00e9curit\u00e9. De mani\u00e8re plus globale, elle impose au salari\u00e9 d\u2019adopter un comportement qui pr\u00e9serve la sant\u00e9 mentale (ou psychique pour reprendre les termes de la cour de cassation) de ses coll\u00e8gues. Et, si la cour de cassation n\u2019\u00e9voque pas la pr\u00e9vention des risques psycho-sociaux dans l\u2019arr\u00eat du 5 novembre 2025, on ne peut s\u2019emp\u00eacher de penser que, en filigrane, les hauts magistrats appliquent le principe selon lequel la pr\u00e9vention des risques psycho-sociaux, c\u2019est l\u2019affaire de tous, et non pas seulement de l\u2019employeur. <strong>Les risques psychosociaux influencent en effet le bien-\u00eatre psychologique et la sant\u00e9 mentale au travail des collaborateurs, et parmi les sources de risques psycho-sociaux, les violences internes \u00e0 l\u2019entreprise tiennent une place importante :&nbsp;elles recoupent le harc\u00e8lement (moral, sexuel, \u2026), le mobbing (relations conflictuelles g\u00e9n\u00e9rant des agressions r\u00e9p\u00e9titives et syst\u00e9matiques) et les discriminations au sein de l\u2019entreprise. Or, l\u2019un des moyens de pr\u00e9venir les risques psycho-sociaux est d\u2019i<\/strong>mpliquer tous les collaborateurs dans la pr\u00e9vention des RPS, afin de&nbsp;<strong>cr\u00e9er une culture d\u2019entreprise favorisant le bien-\u00eatre psychologique des collaborateurs.<\/strong> En se r\u00e9f\u00e9rant, dans l\u2019arr\u00eat du 5 novembre 2025, \u00e0 l\u2019obligation de s\u00e9curit\u00e9 du salari\u00e9 et au risque d\u2019atteinte \u00e0 la sant\u00e9 psychique de ses coll\u00e8gues qu\u2019engendre son comportement, la cour de cassation entend donc appliquer ce principe.<\/p>\n\n\n\n<H2 style=\"color:#D10016\"><strong>Conclusion<\/strong>\u00a0<\/H2>\n\n\n\n<p>Si l\u2019on s\u2019aventure sur un terrain philosophique, on peut \u00e9galement voir dans l\u2019arr\u00eat du 5 novembre 2025 la traduction juridique du c\u00e9l\u00e8bre principe selon lequel la libert\u00e9 des uns s\u2019arr\u00eate l\u00e0 o\u00f9 commence celle des autres&nbsp;: en d\u2019autres termes, la libert\u00e9 de rire des uns&nbsp;<strong>ne doit pas porter pr\u00e9judice aux autres&nbsp;! Et pour le salari\u00e9 qui a \u00e9t\u00e9 licenci\u00e9, on peut dire que du rire aux larmes, il n\u2019y a qu\u2019un pas&nbsp;!<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Peut-on vraiment rire de tout au bureau ? Les limites pos\u00e9es par la Cour de cassation Peut-on rire de tout au bureau&nbsp;? 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