Immigration : l'INED bouscule les idées reçues

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1) La France, pays d’immigration « massive »

Ellene l’est plus depuis vingt-cinq ans. Elle est même devenue le paysd’Europe où la croissance démographique dépend le moins del’immigration.

Une forte proportion de populations immigrées danscertaines communes, la confusion entre situation actuelle et lesconséquences de la situation passée entretiennent, selon FrançoisHéran, directeur de l’INED, la croyance contraire.

2) Le taux de fécondité de la France est « largement dû aux familles immigrées »

Ila été démontré que sur la période 1991-1998 les immigrées, qui nereprésentent qu’un douzième des femmes en âge d’avoir des enfants, ontun taux de fécondité supérieur aux « françaises natives » de 0,07enfant seulement.

L’auteur fait observer en parallèle la forte chute de la fécondité observée notamment en Europe du Sud et au Maghreb.

3) L’immigration irrégulière est « innombrable »

 Dénombrableavec difficulté, elle n’en est pas pour autant innombrable. Le nombrede sans-papiers, d’une part, est surestimé ; 132 000 régularisations en1982, 90 000 régularisations (sur 130 000 demandes) en 1997-1998, maisles durées de séjour des personnes s’étalent sur dix ans. Ces chiffressont à comparer aux régularisations massives de l’Espagne, l’Italie oula Grèce dépassant parfois un demi-million de personnes.

Parailleurs, le travail au noir concerne davantage la main-d’oeuvrenationale que la population immigrée en situation irrégulière.

4) La statistique publique ne peut comptabiliser correctement les immigrés

Lerecensement de la population immigrée est certes difficile mais il fauttenir compte de la réalité sociale et de la capacité d’intégration decette population : elle est prise en compte dans les statistiquesdémographiques, sociales ou scolaires générales.

L’auteur citel’exemple des personnes âgées ayant migré dans leur jeune âge et sedéclarant « français de naissance », et l’interprète comme un « signed’intégration accomplie ».

En outre, un recensement obligatoire de la population immigrée n’estpas souhaitable en ce qu’il porterait atteinte à la libertéindividuelle en permettant, à travers les déclarations obligatoires dechangement de résidence, de la suivre « à la trace » ;

5) Accueillir l’immigration, c’est accueillir la « misère du monde »

D’unemanière générale, par rapport aux non-migrants de leur sociétéd’origine, les migrants sont en meilleure santé, plus instruits, plusentreprenants et dotés d’un minimum de ressources pour payer le voyageet les frais d’installation.

Il demeure que la misère « des États», les situations de guerre ou de crise prolongée ne permettent pasl’épanouissement de projets individuels que les migrants chercheront àmener à bien, à défaut, hors de leur pays.

Source : François Héran, Cinq idées reçues sur l’immigration,POPULATIONS ET SOCIÉTÉS, Bulletin mensuel d’information de l’INED, n°397, janv. 2004

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