L'alimentation au secours de la vie : la curcumine

Cet article a été publié il y a 14 ans, 7 mois.
Il est probable que son contenu ne soit plus à jour.

Curcuma longa et curcumine

Le curcuma longa, épice jaune de la famille du gingembre, très utilisé dans les pays asiatiques sert à la préparation de mets à base de curry.

La couleur jaune de cette épice provient d’un mélange de pigmentspolyphénoliques (les curcumoïdes) dont la curcumine. La teneur enpolyphénols dans la poudre de curcuma est de 3 à 6 %.

Cemélange de curcumoïdes se compose de 70 à 75 % de curcumine oudiféruloylméthane, de 15 à 20 % de diméthoxycurcumine et de 3 à 5 % debisdiméthoxycurcumine.

Les propriétésthérapeutiques du curcuma longa ont amené les chercheurs à étudier plusparticulièrement la curcumine.

Les propriétés de la curcumine

Une des propriétés de la curcumine, qui la différencie de beaucoup d’autres phytocomposés anticancéreux, est sa capacité à empêcher l’entrée des produits chimiques dans la cellule.

La curcumine interfère avec les composés chimiques présentant despropriétés ?strogéniques importantes comme la DDT ou la dioxine. Elle aen effet la possibilité d’emprunter le même passage que les ?strogènesau niveau cellulaire. Et grâce à cette faculté elle peut interdire lepassage dans la cellule des produits toxiques mimant les ?strogènes.Ainsi il a été observé lors d’une étude portant sur des cellulescancéreuses du sein que la curcumine bloque la croissance de la tumeurinduite par des pesticides à caractère ?strogénique, de 75 à 90 %

Une autre propriété de la curcumine qui a suscité beaucoup d’intérêt est sa capacité à bloquer le facteur nucléaire kappa B (NF ? k B).Quand ce facteur est activé, la cellule cancéreuse échappe à la mortcellulaire programmée. Ce facteur est aussi à l’origine de l’activationde la croissance cellulaire. Cette propriété a été démontrée dans lecadre du traitement des ulcères gastriques. En effet il a pu êtreobservé que la curcumine bloque le NF ? kappa B induit parl’augmentation des cytokines dues à la présence de la bactérieHelicobacter pylori, responsable d’ulcères gastriques.

La curcumine est connue depuis longtemps pour son pouvoir à prévenir le cancer de la peau.En 1993, des chercheurs de Taiwan ont montré que la curcumine inhibe laprotéine kinase C (PKC) et bloque aussi le signal du facteur decroissance épidermique (EGF) ce qui a pour effet un ralentissement de la croissance du cancer de la peau (mélanome malin).

Curcumine et inflammation

Les inflammations sont des phénomènes naturels utiles quand elles ne s’installent pas dans la durée.En descendant les escaliers si la cheville se tord fortement il estprobable qu’il y aura au bout d’un moment, inflammation au niveau destissus lésés par le traumatisme physique subi par l’articulation.

En effet dans cette situation, lesystème immunitaire va mettre en route tout un processus pour réparerles cellules endommagées, processus qui fait intervenir des enzymes.

 

Or dans les années 1990, des recherches ont montré que l’enzyme appelé cyclooxygénase intervenant dans les processus inflammatoires se présente sous 2 formes : COX-1 et COX-2.

– COX-1 intervient dans de nombreux processus physiologiques tels quela formation de prostaglandine qui protège les tissus internes del’estomac et la fonction rénale.

– COX-2 quant à lui apparaît dans les mécanismes inflammatoires et la croissance cellulaire.

Ainsi après un traumatisme physique (entorse, coup, etc.) où descellules épithéliales ont été endommagées, un mécanisme permet à cescellules de résister à la mort cellulaire programmée. Ce mécanisme faitintervenir COX-2.

Dans le cas d’un cancer, COX-2 est bien connu pour favoriserl’extension de la tumeur. Nous savons depuis les années 80 que lesanti-inflammatoires non stéroïdiens du type ibuprofen ou acideacétylsalicylique (aspirine) réduisent la mortalité des patientsatteints du cancer colorectal. En effet il s’avère que l’inflammationjoue un rôle fondamental dans le cancer du côlon.

C’est la raison pour laquelle la curcumine qui est utilisée dans lesproblèmes inflammatoires a été testée dans le cadre de traitement ducancer avec des résultats très encourageants. Des essais plusapprofondis ont montré que la curcumine inhibe effectivement lacyclooxygénase 2 et la lipooxygénase, 2 enzymes qui interviennent dansles processus inflammatoires.

Il a été observé que l’enzyme COX-2 intervient aussi dans d’autrescatégories de cancer tels que le cancer du poumon, du sein, del’estomac et de la prostate.

Curcumine et immunité

Lacurcumine peut aussi aider l’organisme à combattre les cellules quiauraient échappé à la mort cellulaire programmée ou apoptose, lors detraitement en chimiothérapie.

La muqueuseintestinale après ingestion de curcumine se trouve protégée par lesystème immunitaire puisque l’analyse révèle la présence de CD4+, deT-helper et de lymphocyte B.

Des extraits aqueux de curcuma longa ont exprimé des propriétés cytoprotectrices qui permettent d’inhiber la carcinogénèse induite chimiquement.

 

Le curcuma administré à des souris à raison de 2% de la rationalimentaire, réduit l’incidence d’une hyperplasie colique induitechimiquement.

L’ensembledes expériences menées avec la curcumine ont permis d’observer qu’elleinhibe le cancer à toutes les étapes de son développement : initiation,promotion et progression.

 

Des doses de 1 g decurcuma administrées pendant 9 mois à des sujets à haut risque (anciensfumeurs) de cancer du palais se sont révélées efficaces en prévention.

De même, l’activité antitumorale a été mise en évidence chez deshamsters nourris avec de la poudre de curcuma ajoutée dansl’alimentation. Enfin, chez des fumeurs, le curcuma longa à des dosesde 1,5 g par jour pendant 30 jours a permis d’observer la réduction del’excrétion urinaire de mutagènes.

Le curcuma n’a cependant pas d’effet sur le niveau des enzymesdétoxifiants du foie, ce qui suggère qu’il ait des propriétésantimutagéniques naturelles utiles dans le cadre de la prévention.

La curcumine fait actuellement l’objet d’essais cliniques. Cependanttous les essais qui ont pu être réalisés sur l’homme avec de lacurcumine, ont montré que cette molécule n’est pas particulièrement bien assimilée par l’organisme. Mais il a été découvert que l’ajout de pipérine à la curcumine permet une augmentation de l’assimilation de 2000 %.

Du poivre pour la curcumine

La pipérine est un alcaloïde naturel du poivre noir (piper nigrum) dont la teneur se situe entre 5 et 7 % en masse et est soluble dans l’eau bouillante.

Une propriété intéressante de la pipérine est d’améliorer notablement l’assimilation de nombreuses substances naturelles ou non.Elle favorise ainsi l’assimilation du b-carotène, de la coenzyme Q10 etde la curcumine qui employée seule est pratiquement indétectable dansle sang.

Quel est le mode d’action de la pipérine ?

Elle a le pouvoir comme bien d’autres substances naturelles de bloquer ou de favoriser certains mécanismes d’élimination utilisés par l’organisme pour rejeter le trop-reçu ou les éléments chimiques indésirables.

Les processus inhibés par la pipérine sont :

  • la glucuronidation qui permet à l’organisme de se débarrasser d’un produit par les voies urinaires et biliaires ;
  • la métabolisation par les enzymes de phase I tels que le cytochrome CYP3A4 ;
  • l’élimination cellulaire par la glycoprotéine-P qui est un des facteurs intervenant dans le mécanisme de résistance de la cellule cancéreuse.
  • La pipérine bloque ces processus au niveau de l’intestin, ce qui s
    e traduit par une plus grande assimilation de certaines substancestraversant celui-ci. En vérité cela ne marche pas avec toutes lessubstances, la raison en est qu’elles ne sont pas toutes métaboliséesde la même façon.

    En tout cas avec la curcumine, iln’y pas de problème. Si son absorption par l’organisme est très faible,elle est multipliée par 20 en présence de pipérine !

    La pipérine présente aussi des propriétés protectrices contre l’hépatotoxicité induite, contre la peroxydation des lipides in vitro et in vivo et s’oppose à la déplétion du glutathion sous sa forme réduite (GSH).

    Par ailleurs elle stimule la sécrétion des sucs pancréatiques (trypsine, chymotrypsine, lipase, amylase).

    Enfin des expériences réalisées in vitro ont montré que la pipérinepeut inhiber les enzymes de phase I (cytochrome P450).

    Ce qu’il faut retenir

    La consommation du curcuma longa est recommandée en cas de cancer du côlon et pour les personnes souffrant de rhumatisme, car la curcumine possède des vertus anti-inflammatoires.

    Extrait de l’ouvrage : « L’Alimentation au secours de la vie » de Patrick WOLF – GERESO Édition

    Laisser un commentaire

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *