L'éveil du sens

Cet article a été publié il y a 9 ans, 10 mois.
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Nous assistons à l’émergence de la question du sens. Ce mot creux à force d’être enrubanné  de valeurs affichées auxquelles personne ne croit, prend soudainement la force d’une prière.

Le manque de sens serait à la source du mal être des collaborateurs et de leurs managers : Ai-je, à la fin de la journée, la mauvaise fatigue du travail « inutile » ou la bonne fatigue du travail dont j’ai perçu le sens ?

Au-delà de la notion de bien ou de mal que le cynisme balaie d’une manche, les chiffres commencent à monter aux oreilles des dirigeants et des actionnaires. Le non sens a un coût : absentéisme actif et passif, diminution de la rentabilité, baisse de la qualité du service rendu au client, scandales, rumeurs, capital image détérioré. Bref, il faut agir.

Mais le sens, ça se trouve où ? Cela se fabrique comment ?

En voici une recette en 5 C.

  1. Il y a dans le concept même de transversalité, l’idée du sens puisque qu’il s’agit bien de finalités transverses, partagées, au nom de quoi est nécessaire la Coopération inter-métiers.
  2. Quoique nécessaire, cette coopération est mise à mal par le Conflit inévitable qu’éprouve le collaborateur entre les objectifs « sécurisés » de son entité, de son service, de son manager et la prise de risque que constitue la discussion avec l’Autre : il faut oser entrer en territoire inconnu, négocier, accepter de confronter les idées, de perdre un peu pour coopérer.
  3. Bien souvent, la balance pèse du côté de la sécurité : « parle toujours, je fais comme d’habitude, c’est sur quoi je suis évalué … ». Cette forme de bureaucratie du travail, qui met en veille l’énergie des individus, crée la nécessité du Changement. Là, un champ complet d’accompagnement reste ouvert. Il s’agit de faire s’exprimer les « non-dits » pour identifier les zones d’accord suffisant pour sécuriser et séduire par une « image miroir » reflétant la substantifique moelle, je dirais même, la « beauté » des contributions et compétences de chacun.
  4. Ce discours est Concret. Sans évidence du lien entre les finalités affichées de l’entreprise et ce qu’elle fait en réalité, le double langage, destructeur de sens, apparaît. C’est pourquoi le sens, le rêve de l’entreprise est forcément raccordé à la liste des processus clés de son organisation, elle-même  « animée », réactualisée à la lumière du travail effectif de chacun.
  5. On en arrive à l’émergence du sens pour les individus : mon travail quotidien prend tout son sens car il est raccordé à la stratégie que mesure mon organisation. En marche pour améliorer sans cesse l’existant, la transversalité m’ouvre un espace de liberté nouveau nécessaire à l’innovation. J’existe parce que je fais et parce que je peux « jouer » en étant Créatif.  Bref, je suis heureux dans mon travail, parce que j’exerce mon Faire -Play !

 

Auteur : Sandrine ZERBIB-LUCAS, consultante en management, accompagnement du changement et communication, et auteur du livre  » Donnez du sens à votre management en utilisant le potentiel des non-dits « .

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