Comment accompagner les salariés endeuillés ?

Un manager sur trois a déjà eu un collaborateur en deuil dans son équipe.

Autrefois, le deuil était clairement signalé par le port de vêtements noirs, que l’on portait lors des funérailles et pendant une période après la perte d'un être cher. Ce code vestimentaire était plus qu’un symbole, car il permettait notamment de reconnaître le statut de la personne endeuillée et donnait des repères temporels quant à la période de deuil ressentie par le salarié.

Aujourd’hui, cette expérience, bien qu’universelle, peut passer inaperçue dans le monde professionnel, surtout si elle est dissimulée par le salarié endeuillé. Or, cette épreuve de vie a un impact sur le travail et les relations interpersonnelles au travail : des troubles de la concentration, un manque d’enthousiasme et de partage, jusqu’aux larmes. En tant que manager, il est donc nécessaire de la prendre en compte, et d’accompagner au mieux.

Comment accompagner les salariés endeuillés ?
Salariés endeuillés : comment les accompagner ?

Quel accompagnement, de retour au travail après un deuil ?

Selon une enquête réalisée par l’Observatoire du Management Intergénérationnel (OMI), environ 60 % des entreprises en France disposent d’une politique de soutien au deuil, mais seulement 30 % des salariés se sentent réellement soutenus par leur employeur lorsqu’ils font face à la perte d’un être cher.

Une autre étude plus sévère, réalisée par l’Institut français d’opinion publique (IFOP), relate qu’environ 85 % des personnes endeuillées rencontrent des difficultés dans leur vie professionnelle, et près d’un tiers d’entre elles estiment que leur employeur n’a pas été compréhensif à leur égard.

Lors de nos accompagnements, nous entendons la blessure ressentie suite à certains mots employés, ou, au contraire, la douleur du silence face à l’événement déchirant que traverse l’endeuillé.

En entreprise, on a souvent voulu, à tort ou à raison, scinder la vie professionnelle et la sphère personnelle. Pourtant l’être humain est constitué des mêmes capacités cognitives et de la même intelligence émotionnelle pour gérer tous les défis de sa vie. La perméabilité entre la sphère familiale et le travail existe, la charge mentale qu’elle engendre, est d’autant plus forte dans les situations éprouvantes.

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  • Se positionner en acteur du bien-être au travail et travailler efficacement avec les autres acteurs de la QVCT de l’entreprise.

Quelques défis rencontrés par les employeurs ou les collaborateurs concernés

  • Une communication difficile : les employeurs peuvent avoir du mal à trouver les mots justes pour exprimer leur soutien et leur compassion envers un employé en deuil, tandis que les personnes endeuillées peuvent se sentir isolées ou mal à l’aise pour aborder la situation avec leurs collègues ou leur supérieur hiérarchique. Christophe Fauré, psychiatre et psychologue a écrit la « lettre adressée à ceux qui veulent m’aider à mieux traverser le deuil », dont voici un extrait : « Pour l’instant, je survis même si je fais des efforts pour ne pas trop montrer aux autres l’intensité de ma détresse. Comprends-le : je ne veux pas qu’on ait pitié de moi. Je ne veux pas les regards condescendants, ni les phrases convenues qui m’enferment dans un statut de « pauvre victime ». »
  • La gestion de la charge de travail : les personnes en deuil peuvent avoir du mal à se concentrer sur leurs tâches professionnelles en raison de leur chagrin et, le cas échéant, de l’éloignement du travail pendant une période longue. Pour eux, faire et garder « une bonne figure » est énergivore, la fatigue se fait souvent sentir dans les mois qui suivent la disparition. On peut observer aussi un bouleversement des priorités de vie pour la personne. Afin d’éviter le risque d’une accumulation de travail ou des retards dans les projets, un déchargement de certaines tâches peut être envisagé.
  • L’absence : la durée moyenne d’arrêt pour un deuil est de 34 jours. Si la personne est absente plus longuement, la réaffectation du travail pourra se faire progressivement pour lui laisser le temps de reprendre le rythme. De même, dans ce cas-là, il faudra avant son retour voir si certains points méritent un accompagnement particulier. Durant la réunion tripartite avec le ou la salarié(e) endeuillé(e) et son manager direct, nous abordons les étapes à venir, la préparation des dates qui ravivent le chagrin (date anniversaire, date de la disparition, fêtes et rituels personnels…). Cette communication est utile pour les informer tous les deux, sur les besoins et ceux qui vont intervenir dans les mois à venir.
  • Le maintien de la cohésion d’équipe : lorsqu’un membre de l’équipe est en deuil, cela peut affecter le moral et la dynamique de toute l’équipe. Il est essentiel de garder malgré tout de la légèreté, de conserver les rituels d’équipe et les moments de convivialité. Nous observons souvent les collègues de travail, avec l’intention de préserver leur collègue endeuillé ne plus utiliser le prénom du défunt. Si l’entourage professionnel le connaissait, une bonne pratique est de continuer à parler de lui en le nommant.

En conclusion, le deuil en entreprise est un sujet complexe mais important à aborder. En mettant en place un accompagnement externe et des pratiques de soutien appropriées, les entreprises peuvent contribuer à atténuer l’impact du deuil sur leurs employés et à promouvoir un environnement de travail plus humain et compatissant.

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