Avantages sociaux : quels dispositifs pour attirer et fidéliser les collaborateurs ?

Le salaire n’est plus le seul critère pour fidéliser un salarié ou décider un candidat à postuler dans une entreprise. Les avantages sociaux contribuent également à rendre l’entreprise plus attractive et permettent d’attirer et/ou de retenir les talents.

Avantages sociaux, quels dispositifs ?
Avantages sociaux, dispositifs possibles

Les avantages sociaux sont tous les avantages, obligatoires ou facultatifs, exonérés ou non de charges sociales et d’impôts sur le revenu, qu’une entreprise peut proposer à ses salariés en dehors de leur rémunération. Ils peuvent représenter un véritable complément de salaire, surtout s’ils sont exonérés de charges, et atteindre jusqu’ à 38 % de la rémunération nette d’un salarié.

Si les avantages sociaux représentent souvent un coût supplémentaire pour l’entreprise, ils sont néanmoins stratégiques, car ils lui permettent de renvoyer un message fort quant à l’importance qu’elle accorde au bien-être physique, social, émotionnel et financier de ses collaborateurs tout en favorisant ainsi une meilleure productivité.

Cependant, les avantages mis en place au sein de l’entreprise doivent être en phase avec les besoins et les attentes des salariés.

C’est pourquoi, il est primordial, pour l’entreprise, d’être à l’écoute de ses employés et de rester attentif aux nouvelles tendances du marché des avantages salariés, notamment depuis la crise Covid.

En effet, la pandémie a changé la donne. Depuis, les attentes et les facteurs clés d’épanouissement des salariés, et donc les avantages qui y sont associés, ont évolué et changé. Ils reposent désormais davantage sur l’équilibre vie privée/vie professionnelle, la santé physique et mentale, une meilleure qualité de vie et un soutien au pouvoir d’achat.

Après avoir passé en revue les avantages sociaux classiquement proposés par les entreprises et les plus courants, nous verrons dans un second temps, les avantages sociaux qui, depuis la pandémie, ont la faveur des salariés et sont donc à privilégier.

Les avantages sociaux traditionnels

Les avantages sociaux traditionnels sont de deux catégories. Certains sont obligatoires, expressément prévus par la Loi, et l’entreprise n’a pas d’autre choix que de s’y soumettre. D’autres sont facultatifs, proposés par l’employeur ou négociés par le Comité d’Entreprise.

Les avantages sociaux obligatoires

Toute entreprise est dans l’obligation de mettre en place, pour ses salariés, les avantages sociaux suivants :

  • La mutuelle d’entreprise : depuis la loi ANI (accord national interprofessionnel) du 14 juin 2013, les entreprises du secteur privé doivent proposer une complémentaire santé à leurs salariés, respectueuse d’un socle de garanties minimales et avec une prise en charge d’au moins 50 % de la cotisation.
  • Les congés payés : 2,5 jours ouvrables par mois.
  • La prise en charge des frais de transport : elle est obligatoire pour toute entreprise, quels que soient sa localisation et son effectif, à hauteur de 50 % des frais de transport publics engagés par le salarié pour effectuer le trajet domicile/lieu habituel de travail.
  • Les indemnités liées aux accidents du travail.
  • La participation aux bénéfices : ce plan d’épargne salariale, mis en place par voie d’accord et obligatoire dans les entreprises de plus de 50 salariés, permet de verser à chaque salarié une part sur les bénéfices de l’entreprise. Les employeurs de moins de 50 salariés peuvent les mettre en place au titre des avantages sociaux non obligatoires.
  • La prise en charge des frais professionnels :c’est une obligation pour l’employeur de rembourser les frais professionnels engagés par le salarié pour les besoins de son activité professionnelle. Ce remboursement peut être réalisé sous la forme d’une prime calculée sur la base des frais réels ou sous la forme d’allocations forfaitaires.
  • La prévoyance d’entreprise : obligatoire seulement pour les cadres, l’entreprise peut l’étendre à tous ses salariés. Lorsque celle-ci est obligatoire, l’employeur doit financer au moins la moitié des cotisations de la prévoyance souscrite pour le compte de ses salariés. Un accord collectif peut toutefois exiger une prise en charge plus importante, voire intégrale. Le salarié conserve à sa charge le reste de la cotisation à payer, qui sera prélevée sur son salaire.

Les avantages sociaux facultatifs les plus répandus

Les avantages sociaux non obligatoires les plus couramment octroyés aux salariés sont les suivants :

  • Les Titres restaurant : ils sont un avantage social très apprécié des salariés. La participation patronale doit être comprise entre 50 et 60 % de leur valeur et elle est exonérée de charges sociales dans la limite d’un montant maximum fixé annuellement. Le reste est prélevé sur la fiche de paie des salariés.
  • Les chèques ou cartes cadeaux : ils sont l’avantage salarial par excellence. Lors d’évènements de la vie du salarié, l’entreprise peut distribuer des bons d’achat exonérés de charges sociales dès lors qu’ils n’excèdent pas, sur l’année, 5 % du Plafond Mensuel de la Sécurité Sociale. Si l’employeur attribue à ses salariés des chèques culture destinés à financer exclusivement des biens ou prestations de nature culturelle (entrées au musée, au cinéma, au théâtre, livre, DVD, …), ceux-ci sont totalement exonérés de cotisations sociales.
  • Bons d’achat ou remises sur les produits ou services de l’entreprise.
  • Carte carburant prépayées ou post-payées mensuellement sur facture.
  • Les chèques vacances : dans les entreprises de moins de 50 salariés, la participation patronale aux chèques vacances est exonérée de cotisations sociales dans la limite de 30 % du Smic mensuel par salarié et par an sous certaines conditions.
  • Les chèques emploi service universel (ou CESU) : les aides versées par l’entreprise sont exonérées de charges sociales dans une certaine limite et l’entreprise bénéficie par ailleurs d’un crédit d’impôt de 25 % des aides versées.
  • L’intéressement : ce dispositif facultatif d’épargne salariale, mis en place par voie d’accord, permet aux salariés de recevoir une prime proportionnelle aux résultats de l’entreprise. Les sommes versées aux salariés bénéficiaires ne peuvent pas dépasser 20 % du total des salaires bruts versés.
  • Le compte épargne-temps (CET) : il permet aux salariés de cumuler leurs droits à congés rémunérés.
  • Les avantages en nature : ce sont des prestations de biens ou de services mis gratuitement à disposition des salariés (véhicule ou logement de fonction, repas, informatique, communication, …) moyennant une participation inférieure à leur valeur réelle. Ils doivent être déclarés aux impôts.
  • Les activités sociales et culturelles mises en œuvre par le Comité d’Entreprise.

Si ces avantages salariés font traditionnellement partie des outils principaux utilisés par les entreprises pour attirer et fidéliser les salariés et améliorer leurs conditions de travail, la crise Covid-19 a modifié les préoccupations des salariés et beaucoup de ces avantages sont aujourd’hui dépassés. De nouvelles priorités ont émergé chez les salariés et de nouveaux avantages sociaux ont leur faveur.

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Les nouveaux avantages sociaux qui, depuis la pandémie, ont la faveur des salariés

Depuis la pandémie, l’équilibre vie professionnelle/vie personnelle, la santé physique et mentale et enfin une meilleure qualité de vie sont au cœur des préoccupations et des besoins des salariés. C’est pourquoi, les avantages sociaux doivent désormais reposer sur la flexibilité, la santé et l’aide au pouvoir d’achat.

L’équilibre vie privée/vie professionnelle

La recherche d’un bon équilibre entre la vie personnelle et la vie professionnelle repose désormais sur 2 axes :

  • La flexibilité au travail.
  • L’aide à la garde d’enfants.

La flexibilité dans l’organisation du temps de travail

Depuis l’épidémie de Covid-19, la flexibilité au travail est devenue une attente forte des collaborateurs ; en particulier la génération Y (24–40 ans) et Z (15–24 ans), qui priorisent désormais des modalités de travail flexibles afin de satisfaire leurs besoins d’équilibre entre vie personnelle et professionnelle.

Une enquête internationale de Remote , réalisée par une société de gestion des ressources humaines et de la paie et menée auprès de 10 000 employés, confirme cette nouvelle tendance. Il ressort de cette étude, publiée en juillet 2022, que la flexibilité des horaires de travail est, de loin, l’avantage social le plus recherché par les employés et celui qui a le plus d’importance à leurs yeux, qu’ils soient parents ou non.

Cette flexibilité, au cœur des avantages sociaux, peut se traduire de diverses manières :

  • Le télétravail total ou partiel.
  • La semaine de 4 jours.
  • Les vacances supplémentaires ou illimitées.
  • Des RTT supplémentaires.
  • La gestion libre du temps de travail.
  • Le pack télétravail pour faciliter la flexibilité du travail (tickets restaurants on-line pour se faire livrer des repas à domicile, forfait pour équiper son bureau à la maison et travailler dans de bonnes conditions, abonnement sportif pour contrer les effets de la sédentarité et favoriser le bien-être et l’activité physique).
  • Le choix laissé aux collaborateurs du nombre de jours travaillés à distance et du lieu de travail en fonction du pays où leur contrat est basé.

L’aide à la garde d’enfants

L’aide à la garde d’enfants, pour les parents qui travaillent, représente un véritable avantage, et même une priorité. En effet, depuis le Covid-19, les habitudes de travail ont été tellement bousculées que la facilitation de la garde des enfants est devenue un vrai besoin pour de nombreux salariés parents. Cette aide peut prendre diverses formes :

  • Subventions de garderies pour les enfants des salariés.
  • Mise en place de crèches d’entreprises.
  • Congés de maternité et de paternité rémunérés à 100 % d’une durée d’au moins un mois (libre fixation de la durée).

La santé physique et mentale

Le renforcement de la protection sociale

Sans surprise, et plus encore depuis la pandémie, la protection sociale se trouve au cœur des préoccupations des salariés. En effet, pour se protéger des aléas de la vie (inaptitude professionnelle, maladie) et anticiper le passage à la retraite, les salariés apprécient que leur entreprise leur propose non seulement des complémentaires santé, mutuelle ou plan d’épargne retraite, en plus des régimes obligatoires, mais aussi la mise en place :

  • De bilans de santé.
  • De la téléconsultation.
  • Et du soutien psychologique.

La contribution à un plus grand bien-être physique et mental

Selon une étude du site Glassdoor , la pandémie a renforcé, chez les salariés, le besoin de prendre davantage soin de leur bien-être ainsi que de leur santé et environ 60 % des employés accordent désormais plus d’importance aux avantages liés au bien-être physique et mental.

Il est désormais plus important pour eux de pouvoir bénéficier :

  • D’une alimentation saine au bureau.
  • De congés mensuels pour préserver leur santé mentale.
  • De séances de sport ou de bien-être….

Une meilleure qualité de vie professionnelle et personnelle

Un environnement de travail agréable et propice à la flexibilité du travail

L’aide à la mise en place d’un environnement de travail propice au travail flexible peut se faire grâce à :

  • La prise en charge d’une partie de la facture d’électricité qui a pu augmenter avec le télétravail.
  • L’accès à la fibre pour une meilleure connexion internet.
  • La mise à disposition d’un matériel technologique de qualité ou la possibilité de choisir son équipement pour son espace de télétravail.
  • La proposition de « packs télétravail », regroupant un bureau, un siège et parfois quelques accessoires (tapis de souris, repose-pieds, lampe…).

Sauvegarde du pouvoir d’achat

Cette préservation du pouvoir d’achat passe notamment par :

  • L’instauration du Forfait mobilités durables : Ce dispositif financier, facultatif aujourd’hui, mais appelé à se généraliser et à devenir obligatoire dans le futur, complète le remboursement obligatoire de l’abonnement de transports en commun, et permet aux cyclistes, covoitureurs ou encore aux utilisateurs de mobilités partagées de bénéficier du remboursement de leurs trajets domicile-travail quotidiens. Ce dispositif, qui peut aller jusqu’à 600 € par an, exonérés d’impôts et de cotisations sociales, est cumulable avec la part employeur de l’abonnement de transports en commun dans la limite de ce plafond d’exonération de 600 €.
  • Titres restaurants dématérialisés : ce sont des titres restaurants par lesquels les collaborateurs peuvent payer partout, que ce soit dans les restaurants, les boulangeries ou les supermarchés, au centime près, sans minimum imposé, et recharger la carte à distance, où qu’ils se trouvent.
  • Prime de partage de la valeur : instaurée par la loi de finances rectificative du 16 août 2022, ce bonus exceptionnel de soutien au pouvoir d’achat, exonéré d’impôts, peut être versé par l’employeur à ses salariés en contrepartie d’une exonération de charges sociales. Les entreprises qui le souhaitent peuvent, jusqu’au 31 décembre 2023, verser à leur personnel jusqu’à 3000 € de prime annuelle exonérée de cotisations sociales, et jusqu’à 6000 € sous réserve de la mise en place d’un dispositif d’intéressement ou de participation.
  • Rachat des RTT non pris : instauré également par la loi du 16 août 2022, ce dispositif permet aux entreprises qui le souhaitent, de racheter, de façon dérogatoire jusqu’au 31 décembre 2025, les jours de RTT non pris des salariés. La rémunération versée sera exonérée de cotisations sociales (sauf CSG et CRDS) et d’impôt dans la limite de 7500 €.

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